08:30 – 16:00 : ITINERANCE MUSICALE SUR LE CAMI DE LA RETIRADA.

Inspiré de la tradition originelle du jazz qui, en Louisiane par exemple, ponctuait les temps majeurs de la vie et de la mort, cet enchaînement concert(s) / cortège itinérant en pleine montagne…

THE RETIRADA SWINGIN’ COMBO
Marchin’ Up To No Salvation

créé pour cette journée du 27 juillet pour JAZZ EN TECH sous la direction de Jean-Pierre ALMY

Benjamin FACONNIER, trompette chant
Fabrice MOUNIER, clarinette, saxo soprano
Yvan PICAULT, saxo ténor
Julien VÉZILIER, trombone
Philippe GUIGNIER, banjo
Jean-Pierre ALMY, tuba
Michael SANTANASTASIO, percussions

rejoints sur le CAMI DE LA RETIRADA par

Alain BRUNET, trompette
Pascal BOUTERIN, percussions,
Jean-Jacques TAÏB, clarinette / saxo
& d’autres…

D’aucuns se demanderont quel peut bien être le fondement d’un hommage rendu à la RETIRADA par le NEW ORLEANS…?!
La 4è édition 2019 de JAZZ EN TECH 2019, « le » festival de jazz transfrontalier / transnational, est dédiée, vous l’avez perçu, à cette constante de l’espère humaine que l’on appelle « migration », bien moins justifiable que celle des espèces animales et surtout bien plus contrainte, que l’on soit en temps dit de « paix » ou en temps de guerre… : on ne migre pas collectivement pour son bon plaisir, ce que beaucoup de sédentaires semblent oublier chaque jour !
Les Républicains espagnols étaient plus de 600.000 citoyens, familles trans-générationnelles et personnes seules qui n’avaient pas demandé à devoir s’exiler pour tenter de sauver leur peau… en se réfugiant en pays ami, pensaient-ils. A leur arrivée massive, ils furent aiguillés vers des camps d’infortune, puis pour les survivants – 60.000 décès de février à fin juillet 1939, il y aura tout juste 80 ans ce 27 juillet ! – vers d’autres camps plus structurés dont plusieurs hors P-O – (qui allaient, par la suite, servir à « héberger » d’autres vagues et générations « d’indésirables » -, parfois « exportés » (sic) vers nos colonies et/ou nos territoires ultramarins… ! Enfin, beaucoup « contribuèrent à la reconstruction nationale », selon l’expression consacrée, pendant la 2è Guerre Mondiale, puis après la « Victoire »… Un scénario déjà bien rôdé à l’époque que l’on retrouve aujourd’hui sur nos chaînes « d’info continue » peu animées de grande distance critique malgré le temps et la continuité du phénomène aux abords comme au cœur de notre « vieille Europe »…
Le style New Orleans est né et a évolué, lui aussi, sur fond de migrations massives… Sans reprendre ici notre éditorial du Festival ni développer un résumé lapidaire de la déportation des Noirs d’Afrique vers le Sud des USA, leur asservissement dans les Cotton Fields du Deep South. Autrement dit, le New Orleans, ce n’est pas, comme beaucoup le croient encore, une musique légère sans autre ambition que d’être festive et joyeuse… N’en déplaise, malgré lui, à Louis Armstrong, tout n’est pas « si bon… » dans l’Histoire de notre belle planète… Très rapidement brossé ici – (rendez-vous sur notre site web pour plus de détails) -, précisons que ce que l’on appelle le style « New Orleans » dans sa forme orchestrale (le « jazz » lui pré-existait tout de même !), est né autour de la tournure du XIXè / XXè siècle, à la Nouvelle Orléans, en Louisiane. Mais c’est à Chicago (Illinois) qu’il s’est véritablement développé… au fil des années 20 et 30 (justement celles-ci!). Pour la simple raison que les musiciens ont suivi leurs semblables dans ce que les historiens ont qualifié de « Grande Migration Noire » (1.500.000 de déplacés), celle dont l’itinéraire a été aussi résumé sous cette terrifiante formule « de la Terre Promise au Ghetto »* et dont les séquelles sont toujours vivaces dans l’Amérique de Trump. La crise de 1929 a eu aussi l’occasion collatérale de boucler la boucle du New Orleans en quelque sorte… ! Le parallélisme de ces deux migrations « républicaine espagnole » et « noire américaine », sans lien direct ni indirect apparent, bien évidemment, s’est imposé à JAZZ EN TECH – c’en était même l’idée première de cette Journée du 27 juillet !

Un dernier mot rapide pour remercier Jean-Pierre ALMY et ses amis de ce que nous avons hardiment appelé le « RETIRADA SWING COMBO » : « le New Orleans, c’est avant tout un accent musical. On ne définit pas un accent, à la rigueur on peut le décrire ; mais en fin de compte, pour le connaître, il faut l’entendre. C’est comme pour les accents parlés : le marseillais, le catalan,… il faut avoir entendu parler les gens du crû ! ». mais c’est surtout une « pulsation » rythmique (d’ailleurs liée à cet accent)**… Notre COMBO repart des fondamentaux de la fanfare de rue avec ses instruments originaux : la trompette, le trombone, la clarinette, le tuba, le washboard, puis le banjo….

« Que d’orchestres depuis l’après-guerre, comme on dit encore, ont fait usage de ces phrases puisées dans la musique des Armstrong, Oliver, Dodds, Bechet, etc… sans pour cela jouer réellement Nouvelle Orléans »**…
THE RETIRADA SWINGIN’ COMBO s’est constitué pour cette journée de commémoration pour nous donner de ces horribles Années 30, autrement plus folles que les précédentes, la substance, pas simplement l’écorce… !
When the Combo goes marchin’ up… through the wild mountain frontier… !

* De la « terre promise » au ghetto – la grande migration noire américaine 1916 – 1930. Loïc J. D. Wacquant, Actes de la recherche en Sciences Sociales 1993/4 (N°99, p.43-51) 
** Le STYLE NEW ORLEANS, Hugues Panassié, Bulletin du Hot Club de France – N° 120, septembre 1962

MOLLO – COL D’ARES

08:30 : Départ de MOLLO pour une randonnée guidée sur LE CAMI DE LA RETIRADA menant jusqu’au Col d’Ares (randonnée de moyenne montagne de 3h30 environ avec stations explicatives animées en catalan et en français respectivement par M. l’Alcalde de Molló et M. le Maire de Prats-de-Mollo…

COL D’ARES

12:00 – 14:00 : Convergence au COL D’ARES des randonneurs, des invités institutionnels, associatifs, universitaires, de la jeunesse,… concernés par la RETIRADA, bien évidemment du public et des musiciens pour un CONCERT (1ère partie) suivi d’un PIQUE-NIQUE transfrontalier emblématique,

14:00 – 16:00 : DESCENTE EN CORTEGE MUSICAL via le « CAMI DE LA RETIRADA » : premières boucles à pied jusqu’à la Chapelle Sainte Marguerite) ; puis transferts vers Prats si possible en mobilité douce pour le public ; enfin, dernières boucles à pied : traversée de Prats “sur les pas des Réfugiés”, puis montée vers le Fort Lagarde.

PRATS-DE-MOLLO LA PRESTE / FORT LAGARDE

16:00 – 18:00 : MINI-CONCERT (2è partie) dans l’espace scénique nouveau du FORT LAGARDE, dans un environnement d’animations diverses dédiées à la RETIRADA : vision panoramique guidée, bilingue, des flux et des sites d’accueil des “Républicains”, expositions, sélectionnées avec le concours du PAYS D’ART ET HISTOIRE TRANSFRONTALIER et des Offices de Tourisme des communes concernées.

18:00 – 20:00 : Découverte libre de PRATS-DE-MOLLO, de ses différents sites RETIRADA, animations et restauration diverses dont Prats a le secret dans ses ruelles très chaleureuses

Organisateur

Col d’Ares