Le 4 mai 2020

Chers amis de Jazz en Tech, chers résidents de ces trois belles vallées du Tech, du Ter, de la Muga, chers visiteurs et touristes,

L’équipe de Jazz en Tech souhaite s’adresser à vous tous qui nous suivez, dans ce contexte dramatique généralisé où les frontières n’arrêtent guère la pandémie, à défaut des échanges humains habituels.

Le département des Pyrénées-Orientales est, bien sûr, concerné comme la plupart des départements et régions de France hexagonale et ultramarine et nous en sommes tous profondément affectés.

Transfrontaliers, nous souhaitons envoyer à nos amis les plus voisins de Catalogne et d’Espagne ce message de très sincère solidarité, fût-elle impuissante, au regard de cette vague morbide qui les touche cruellement.

Nous ne pouvons, enfin, oublier « le reste du monde » qui partage une crise inédite au premier rang de laquelle piétinent dans la misère, le froid, la faim et l’absence totale de soins, migrants, populations de pays en guerres, personnes sans domicile et sans papiers et autres humains irrémédiablement « confinés » à la marge étanche de nos sociétés dites « libérales »…

Au fil de ces quatre dernières années, Jazz en Tech s’est attaché à ce que nos rencontres musicales estivales soient à la fois savoureuses et conviviales, mais aussi réflexives autour des valeurs de partage, de dialogue, de regard distancié sur l’histoire et l’évolution moderne de notre monde et de notre planète.

C’est le jazz qui sous-tend notre vision, nous parle depuis ses premiers accords des douleurs de l’exploitation, décrit / décrie les premières affres de l’industrialisation tayloriste et des migrations qu’elles impliquent, et commente, depuis lors, avec toute l’acuité de sa distance créatrice, les effets et méfaits de nos sociétés où et quelles qu’elles soient.

Notre ami Manu Dibango que nous ne pourrons plus inviter était une parfaite incarnation de ce « dialogue des cultures » qui nous habite depuis tant et tant d’années et qu’il faut impérativement continuer de revendiquer, proclamer et réaliser.

Concernant les artistes, le présent et l’avenir ne sont pas simples, aussi souhaitons-nous leur exprimer notre profonde et fraternelle gratitude.

A ce jour, nous sommes prêts, Chers amis, à vous accueillir cet été afin que notre festival permette de nous retrouver, musiciens et public, et nous insuffle un peu de tendresse, de joie et de bonheur.

« Nous nous attendons à vous !  » : cette invitation des « Nourritures Terrestres » d’André Gide prend, nous semble-t-il, ici tout son sens.

A très vite, chaleureusement,et en attendant savourez ces notes et mots de Papagroove diffusés par France Info…