Billetteries Jazz en Tech 2023

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Autres soirées

JAZZ EN TECH 2023

la découverte du jazz et du territoire l’un par l’autre 

L’édition 2023 de JAZZ EN TECH atteste de la vitalité de notre festival.

Après les années Covid qui furent très difficiles pour nous comme pour les festivals français, la ville de Céret accueille, pour la 2ème année consécutive, des artistes de renommée internationale et constitue dorénavant le deuxième pôle fort du festival aux côtés de Saint-Génis-des-Fontaines, dont le cloître est le cœur historique de Jazz en Tech.

Je ne saurais oublier les autres communes parties prenantes du festival, Saint-Cyprien, Palau-del-Vidre, Corsavy, Le Boulou, Prats-de-Mollo qui ont en commun le Tech, rivière la plus méridionale de France ainsi que la Catalogne du Sud avec Sant Joan de les Abadesses.

L’itinérance, le milieu rural et le transfrontalier sont dorénavant trois aspects dominants de Jazz en Tech qui, plus encore que les années précédentes, fait la part belle aux Jazzwomen.

La programmation alterne avec bonheur – du moins l’espérons-nous – jazz de tradition et jazz contemporain avec des musiciennes et musiciens français et étrangers. Une journée, celle du 5 août, sera consacrée aux musiciens du département des Pyrénées-Orientales qui font honneur au jazz d’aujourd’hui.

Ainsi avance au fil des ans JAZZ EN TECH devenu un point fort de l’été culturel catalan grâce au soutien des collectivités territoriales (région Occitanie, département des Pyrénées Orientales et communes), de la Spedidam, et de nouveaux mécènes (GBM Aménagement, Montpellier / SD Aménagement, Tresserre). Un grand merci à toutes et tous.

Nous formons le souhait de vous retrouver nombreux entre le 21 juillet et le 6 août lors des concerts de JAZZ EN TECH.

Alain Brunet, Président

2023 : CLAP DE 8 !

Nous voici en huitième année, après de longs mois d’affres et de doutes comme chez tant et tant d’actrices et d‘acteurs culturels hexagonaux et outremarins… C’est que les crises se déploient en mille feuilles parallèles et croisées, malmenant à la diable les initiatives artistiques indépendantes hors mainstream.

La question, au passage et parfois en alibi, nous a si souvent été posée : ‘mais dans tout ça, pourquoi le jazz ? Et pourquoi le jazz en Pyrénées-Orientales ?’ comme en une façon d’instiller un doute, forcément méthodique celui-là, au sein même de l’enthousiasme de notre petite équipe.

Nous avons déjà traité de nos motivations dans nos divers éditoriaux antérieurs. Nous ne vous lasserons pas en répétant quelles ont été, sont, seront nos convictions profondes. Simplement pourrions nous redire cette année que notre amour du ‘swing’ ne dépérit guère, que nous trouvons dommage que ces musiques de jazz n’aient pas essaimé davantage ou plus tôt sur notre territoire comme elles l’ont fait aux quatre coins de la planète depuis maintenant cent six ans … Nous ne vous assourdirons pas non plus avec une tentative de définition comme il en éclot tant dans notre société du spectacle aux paramétrages péremptoires. Car le jazz résiste par essence à toute définition… définitive.

Non, j’aurais plutôt envie, en cette veille de Festival 2023, de citer abondamment Alex Duthil, le producteur de la bien nommée émission de France Musique ‘Open Jazz’ – en effet, le jazz est tout sauf quelque chose de ‘fermé’… Ecoutons-le : « Le jazz est un vampire métis qui, depuis sa naissance, suce le sang des autres musiques pour se régénérer. La plupart du temps par amour. Il sort plutôt la nuit et son sens aigu de l’improvisation lui permet de déjouer les tentatives d’enfermement ou les risques de sclérose dont il est régulièrement menacé. Lorsqu’il est en forme (en solo, en petit comité ou en bande organisée), on reconnaît sa silhouette à un balancement chaloupé que les golfeurs appellent swing et les geeks, groove. Tous les dix ans on annonce sa mort et tous les dix ans il s’invente une nouvelle jeunesse. Le jazz a les rides de ses héros disparus et affiche le sourire juvénile de ceux qui regardent le futur droit dans les yeux. »

 Bingo ! Le jazz n’est assurément pas « une musique de vieux’ » encore moins « d’intello » comme le profèrent ceux qui n’en connaissent rien, mais prétendent … Le jazz a pour racines tant d’origines, à commencer bien sûr par la Nouvelle Orléans, mais pas que, tant s’en faut : ‘ »a vieille Europe » y a aussi apporté ses multiples contributions chemin faisant et depuis le début. Et il est lui-même à la source d’innombrables styles, écoles et vagues de musiques comme de bien d’autres modes d’expressions artistiques (arts plastiques, littérature, cinéma, …) modernes et contemporaines.

 De quoi imaginer qu’il serait judicieux de donner à entendre et à saisir à nos écolières et écoliers la puissance créatrice, artistique, mais aussi sociale et sociétale du jazz et les initier au sens de son histoire et de sa culture, de ses influences et évolutions, ses diffusions et infusions transcontinentales. Ce qu’en d’autres termes et époques on eût qualifié d’universel et, en ce sens, de populaire.

 Bingo, disais-je, car c’est précisément ce que nous nous attachons à faire découvrir au fil de nos rendez-vous d’estive – et que nous aimerions prolonger bientôt au fil de l’année vers les écoles, collèges et lycées justement – : cette vitalité riche de diversité des musiques de jazz, ce métissage consubstantiel dont elles se nourrissent pour mieux se réinventer non sans une belle et fière fidélité aux grands maîtres et ‘arrangements’ (au sens musicalement noble, bien sûr) du passé…

 Le swing et le groove, nous précise Duthil : eh bien, cette édition vous en ouvre pleinement les perspectives, qui tisse son ruban de voix de Nicolle Rochelle (frissonnant hommage à Dame Billie) à Sharon Clark (dans le sillage irradiant des Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald ou Shirley Horn) jusqu’aux ‘Nouvelles Divas’ ici rassemblées par la volonté de Jazz Magazine en passant par le Brésil (Cécile Messyasz), jusqu’à ces deux ‘stars’ de cette osmose : China Moses et Sly Johnson qui nous honorent de leur venue à la rencontre de nos chers publics que nous allons retrouver et souhaitons de plus en plus transgénérationnels…

 

Le jazz n’a pas de frontières : ni géographiques ni artistiques ni sociétales. C’est aussi en ce sens que Jazz en Tech se pose en festival transfrontalier… Il cible cette transcatalanité territoriale qui demeure bien cloisonnée ; il voyage d’un pays et continent l’autre… ‘avec de l’Italie des Pouilles qui descendrait le Tech’ (Nico Morelli), avec de la Moldavie et de la Roumanie nous conviant à ses envoûtantes ‘tarafs’ frénétiques (Florin Gugulica), avec encore les planétaires ‘Dépaysements’ où nous entraîne le remarquable trio Chacun Son Sud. I

Il revisite créativement le temps des maestros, celui de Bill Evans (merci à nos savoureux monstres sacrés Alain-Jean-Marie et Diego Imbert), de Thelonious Monk (grâce au très chatoyant trio montpelliérain d’Eric Barret, Serge Lazarevitch, Joël Allouche) ou encore de Gainsbourg et son enivrant univers où Akpé Motion a décidé de migrer et de porter jusqu’à Sant Joan de les Abadesses au cœur de son très apprécié Festival del Comte Arnau.

 Il n’hésite pas pour autant, au cœur de son itinérance, à se poser… Là, à Saint-Genis-des-Fontaines dans le somptueux cloître où il fait rituellement étape, chaque fin de juillet, trois soirées de suite. Ici, désormais, à Céret en symbiose avec sa municipalité et ses forces vives qui entendent faire du jazz un noyau solide très attractif de leur capitale de la musique. Ce sera, en début d’août, sur trois concerts de très haute volée et une demi-journée d’hommage vibrant et détonant au fil des sinueuses ruelles et chaleureuses terrasses, au meilleur des jazzwomen et -men des Pyrénées Orientales !

 JAZZ EN TECH, vous le voyez, cultive son métissage et ses nobles couleurs comme en un arc-en-ciel où se réverbèrent les combats continus du jazz depuis ses débuts. Où se reflètent – ‘quelle bizarre et étrange coïncidence’ ionescienne, penserez-vous ?! – les crises de nos sociétés d’aujourd’hui, toutes deux pas nées d’hier, où résonnent au plus aigu toutes les urgences sociales, sociétales, mentales et environnementales.

Philippe LENGLET, Directeur